Cours, Martial !
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Parution mars 2025
Un accident de la route, un meurtre dans une unité hospitalière bien particulière, une personnalité très en vue, une collection d'objets de culte... et le Saint Graal. Le seul lien qui semble réunir ces faits, objets et personnages, est un enfant de 8 ans, Martial, disparu il y a bien longtemps. Brunie va donc reprendre une enquête refroidie depuis 30 ans pour tenter de retrouver ce gamin qui semble revenu parmi les vivants pour accomplir une vengeance posthume. Mais qui est réellement Martial ? A-t-il même existé ? Et pourquoi la mort tourne-t-elle autour de lui dès son plus jeune âge ?
Il faudra du temps et toute la sagacité de Romain et de sa fidèle équipe pour détacher petit à petit les nœuds de cette existence hors norme et dévoiler finalement une vérité incroyable...
Extrait :
...Alors qu'elle revenait vers l'escalier, pensant déjà au seau et à la serpillère nécessaires pour effacer les dégâts, un bruit inopportun naquit des hauteurs, une crécelle aiguë qui s'amplifiait de seconde en seconde. Indécise, elle mit quelques instants à se décider à parcourir l'escalier, En arpentant rageusement le dernier étage, elle n'en crut pas ses yeux. Devant elle, éclairé par les néons et posé à même le sol, un antique réveil à remontoir poussait la chansonnette en martelant allègrement ses deux têtes de fer blanc. L'objet était si incongru dans cet endroit qu'Anaïs pensa immédiatement à une blague de carabins. Mais les plaisantins n'étaient pas visibles ! Elle s'approcha, constatant qu'une autre cellule était entrouverte. Dans un rapide effort de mémoire, elle en devina la résidente :
- Manon B.M., la récidiviste !
Si cela se trouvait, elle était de mèche avec la bande de rigolos qui devait l'attendre à l'intérieur. Elle tira le battant vers elle, prête à sourire, mais ce qu'elle vit à la lueur des néons du couloir lui coupa le souffle. Manon était étendue sur son lit, une jambe en dehors. Elle ne portait qu'une culotte de coton blanc et un soutien-gorge assorti. Son visage était tourné vers l'entrée et elle tirait une langue noirâtre à la nouvelle arrivante. Autour de son cou, une excroissance brune rampait entre les chairs gonflées, s'enfuyant vers le haut, rejoignant une tubulure d'eau autour de laquelle elle s'enroulait comme un hideux serpent.
- Un suicide !
Cela arrivait de temps à autre, mais les médications étaient sensées éviter ce genre de finalité. Anaïs n'eut pas le loisir de s'interroger sur les mains liées au bord du lit par une sorte de fil de fer de jardin. Le réveil, arrivé en bout de course, cessa son vacarme, aussitôt remplacé par des glissements et des grognements. Sortant, le cœur broyé dans un étau de peur, elle vit que le couloir, replongé dans l'ombre, était envahi de silhouettes diffuses, grossières, s'agitant sporadiquement tout en cherchant leur chemin. Les cellules étaient ouvertes !!!! La panique monta. En tremblant, elle se fraya un chemin parmi les fantômes, frémissant à chaque contact. Certains malades erraient sans but, d'autres tentaient de la retenir. L'odeur était épouvantable. En longeant rapidement les murs, elle se retrouva face aux escaliers encombrés de malades. Avec courage, elle s'aventura sur les marches, gémissant à chaque fois qu'une main l'accrochait. Quelqu'un lui cracha au visage, des doigts s'agrippèrent à sa blouse, la déchirant sur le devant. Au moment de prendre pied dans le hall, elle posa le pied sur la matière fécale et plongea en avant, se recevant maladroitement sur les genoux. Pénétrant dans le bureau, elle eut le réflexe d'enfoncer au passage le bouton d'alerte générale puis, les jambes écorchées, le bras engourdi, à moitié dévêtue, les larmes mouillant ses joues, elle poussa la porte de sortie pour se ruer sur la pelouse humide…