Le dossier Lacheize
11e enquête du (capitaine) commandant Romain Brunie.
Lacheize, adjoint de Brunie est subitement arrêté par une brigade spéciale venue de Paris, sous les ordres directs du ministère. Il serait mêlé au cambriolage du musée du Louvre. Brunie, impuissant, ne peut que suivre l'enquête de loin. Mais cette dernière prend soudain une tournure étrange : Lacheize aurait agi sous les ordres d'un deuxième homme... Tous les regards se tournent alors vers Brunie !
Romain va mettre sa vie en jeu, bousculer ses convictions les plus profondes, et tenter de sortir d'un piège qui se resserre inexorablement sur lui.
Une plongée dans le passé à la recherche d'un nom...
Une intrigue solide, beaucoup d'humour... Comme d'habitude !
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Extrait :
... Siana venait de rappeler, elle avait du nouveau et lui donnait rendez-vous au 25 rue de Belfort dans dix minutes. Romain connaissait la rue, proche de la place Carnot. Coup de chance, le bus passait justement par cet endroit. Il profita de la descente d'une ménagère encombrée de cabas pour se faufiler le long de l'autocar et gagner la rue en quelques enjambées. Peu de monde le long de cette petite artère qui remontait vers le nord-est, jusqu'à la ligne ferroviaire desservant la gare Limoges-Montjovis. Le numéro 25 était coincé entre le 23 et le 29, sur le trottoir de droite. Curieusement, il n'y avait pas de 27, juste trois garages qui, comme les ours, se suivaient sans se ressembler. La maison était étroite, avec un étage et un toit surmonté d'un « chien assis » dont la couverture semblait bricolée de madriers trop longs. Des volets chêne clair, entrouverts, et un seuil fatigué nanti d'une archaïque sonnette à pression. Romain l'actionna. La porte s'ouvrit presque de suite sur la jeune femme. Elle le fit entrer, jetant rapidement un regard vers la rue.
- Personne ne doit savoir, murmura-t-elle en guise d'explication.
L'intérieur sentait le vieux, le fuel domestique et la moisissure, avec des relents de choux. Le papier peint fuyait les murs, les carrelages du sol se décollaient par poignées, et l'éclairage était aussi violent que celui d'une luciole asthmatique à 2 % de charge…
- Par ici !
Elle le conduisit dans une arrière-salle où trônait un canapé en mal de bourre. Il s'y assit, sur le bord, afin de garder une maigre chance de s'en relever. Siana demeura debout.
- Alors ? Qu'avez-vous appris ?
- Le principal, murmura-t-elle.
Avant que Brunie ne puisse esquisser le moindre geste, elle frappa trois fois dans ses mains. Contre le mur de gauche, une porte s'ouvrit, donnant sur un garage brillamment éclairé. Romain, en un éclair, aperçut les portes d'un van entrouvertes, le large film de plastique collé au sol, le rouleau de corde usagé et la gueuse en acier qui les complétaient, la parfaite panoplie d'une inexplicable disparition. En même temps, deux hommes pénétrèrent dans la pièce. Chacun tenait fermement dans son poing une machette lançant des reflets d'argent. Siana s'adressa au premier.
- C'est lui, Brunie, celui qui a assassiné notre frère.
Puis, se tournant vers Romain stupéfait, le désignant du doigt, elle ajouta, presque comme une supplique :
- Tue-le…
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